Reforme des retraite : et si on introduisait plus de liberté ?

La réforme des retraites d’Emmanuel Macron se fait attendre. “Patience. Les annonces du président sont prévues pour octobre”. C’est ce qu’aurait glissé un proche de l’entourage du président à des journalistes.

La réforme des retraites cristallise l’attention et pourtant elle manque cruellement d’ambition. D’après les dernières annonces on peut s’attendre aux trois changements suivants : 

  1. la suppression des régimes spéciaux (pour les nouveaux entrants seulement) ;
  2. le recul de l’âge de départ à la retraite ;
  3. et le minimum de pension de retraite à 1 000 euros pour une carrière complète au Smic 

Si on devine que le troisième point est là pour faire passer la pilule, on sait depuis longtemps que les deux premiers sont nécessaires. 

Le paradoxe de cette réforme c’est qu’on sait d’avance qu’elle va déchainer les passions alors qu’elle n’est que très paramétrique : on loge tout le monde à la même enseigne et on change un paramètre, celui de l’âge de départ pour une retraite à taux plein

Imaginons un instant une ce que donnerait une réforme plus ambitieuse.

Et si on passait à une retraite par capitalisation ?

Les Français ne sont pas à une contradiction près. Ils sont les premiers à crier au scandale lorsque les entreprises du CAC 40 augmentent leurs dividendes, en revanche, l’idée d’empocher ces mêmes dividendes pour préparer leur retraite les révulse… A moins que ce ne soit qu’un manque de pédagogie ! 

Dans la situation actuelle, une retraite par capitalisation aurait pourtant bien des avantages. On insiste depuis quelques années sur une concentration des richesses dans les mains de quelques entreprises. Un phénomène qui s’explique par la digitalisation de l’économie, laquelle a créé des mastodontes du numérique (les GAFAM) dont la force ne vient plus d’une armée d’ouvriers mais bien de l’ingéniosité d’une poignée de geeks. 

La retraite par capitalisation, en rendant l’ensemble du peuple français actionnaire de ces entreprises (et de bien d’autres) assurerait, tout bonnement, une meilleure répartition des richesses ! Mais cela aurait d’autres vertus : un fonds de pension actionnaire pourrait peser dans la gouvernance des entreprises et les forcer, par exemple, à payer leurs impôts en France. 

Enfin, la démographie qui fait tant défaut au régime par répartition actuel ne serait plus un problème. Il suffit pour cela d’aller chercher la croissance (et la démographie) en dehors de nos frontières et investir – en partie – dans les entreprises des pays émergents où la croissance et la démographie y sont très fortes.

Une retraite plus libre

La retraite par capitalisation, c’est aussi de nouvelles libertés : celle, par exemple de ne pas cotiser ou, au contraire de cotiser davantage ; celle, aussi, de partir à la retraite quand on en a envie. Dans un système par capitalisation, l’âge de départ à la retraite n’a plus beaucoup de sens. Chacun peut arrêter de travailler le jour où il considère qu’il a assez cotisé pour sa retraite. 

Bien entendu, il ne faudrait pas que les plus modestes soient les laissés-pour-compte d’une réforme trop libérale. Un minimum vieillesse, acquis de droit et financé, non pas par ce nouveau système de retraite mais par l’impôt, continuerait à assurer la sécurité financière des retraités les plus pauvres. 

Aller à la source
Author: