Quel avenir pour l’IA dans l’industrie ? Une enquête de Ey-Parthenon soulève la nécessité de l’IA de confiance

L’industrie est un des secteurs où la transformation numérique s’accélère de façon exponentielle, les industriels confirment la nécessité de solutions d’IA de confiance certifiées ou validées. Mandaté par le Secrétariat général pour l’investissement, EY-Parthenon a mené une étude de marché de l’IA permettant d’évaluer et de qualifier des cas d’usage nécessitant un apport de confiance avant d’être déployés dans des environnements industriels. 

Pour permettre aux institutions de définir les lignes du futur cadre réglementaire pour une IA de confiance, EY-Parthenon a mené une étude de marché sur le sujet dans 7 secteurs industriels en Europe, Amérique du Nord et Asie-Pacifique, permettant d’évaluer et de qualifier les marchés et les cas d’usage principaux qui nécessitent un apport de confiance maximal avant d’être déployés dans des environnements industriels.

Cette enquête met en avant un écosystème de l’IA en pleine structuration, soutenu au niveau national par France IA depuis 2017 et le Programme d’investissements d’avenir (PIA) à travers un Grand Défi “sécurisation, fiabilisation et certification des systèmes à base d’IA” dont l’objectif majeur est “l’industrialisation de l’intelligence artificielle” pour les systèmes critiques. Le 8 novembre dernier, c’est un investissement de 2,2 milliards d’euros qui a été consacré à l’IA pour la formation et l’innovation en France.

La Commission européenne a également publié le 21 avril dernier, son projet “AI Act”, visant à faire de l’Europe le pôle mondial d’une IA digne de confiance. La mission principale commune avec ce projet est de promouvoir le développement de l’IA dans l’ensemble de l’Union européenne, tout en faisant face aux risques potentiels pour la sécurité et les droits fondamentaux des citoyens dans certaines de ses applications.

Julien Chiaroni, directeur du Grand Défi “Sécurisation, fiabilisation et certification des systèmes à base d’IA”» au Secrétariat général pour l’investissement (SGPI) a déclaré :

“L’IA de confiance est l’un des enjeux clés à la fois de compétitivité économique avec un marché estimé de plus de 50 milliards (€), mais aussi de souveraineté et de responsabilité, tant la diffusion de l’IA est rapide dans tous les secteurs industriels. La France dispose d’atouts indéniables pour relever ce défi dans un contexte de future réglementation au niveau Européen”.

Les points clés de l’étude :

  • Au niveau mondial, seules 10 à 15% des entreprises ont réussi à industrialiser des solutions à base d’IA dans leur entreprise et 30 à 40% se limitent à des expérimentations.
  • Un marché de l’IA de confiance estimé à 52 milliards d’euros sur plusieurs secteurs étudiés (Automobile, Ferroviaire, Aéronautique, Energie & Ressources, Banque, Assurance, Pharmaceutique).
  • Un besoin croissant chez les industriels de solutions de confiance ouvrant la voie à un marché de certification ou de validation des systèmes d’IA.

Un déploiement hétérogène et encore prudent de l’IA dans l’industrie

Si en moyenne les industriels (tous secteurs confondus) investissent entre 0,4 % et 1 % de leur chiffre d’affaires (avec en tête les acteurs des Technologies, de la Banque, de la Santé / Sciences de la vie et de l’industrie Automobile) dans des projets impliquant de l’Intelligence Artificielle, l’industrie reste prudente (ou peu dotée) pour intégrer à plus large échelle des composants IA dans des processus, produits ou services industriels.

  • Seuls 10 à 15 % des entreprises ont réussi à industrialiser des solutions à base d’IA ;
  • 30 à 40 % se limitent à des expérimentations sur des périmètres ou processus bornés.

Plusieurs raisons peuvent expliquer cette prudence :

  • Des difficultés dans l’obtention de données de qualité pour entrainer, maintenir les algorithmes et être en mesure de déployer les applicatifs à l’échelle ;
  • Une incertitude des dirigeants à pouvoir capturer le ROI, freinant la prise de décision ;
  • Un cadre juridique ne répondant pas à la question de la responsabilité, limitant la confiance dans les systèmes à base d’IA.

Les secteurs qui investissent dans l’IA : l’Automobile, l’Industrie Pharmaceutique et Energie et Réseaux

L’étude a porté aussi sur le poids des investissements relatifs à des cas d’usage d’IA jugés critiques, nécessitant un fort niveau de confiance préalable à tout déploiement.

Neuf secteurs industriels jugés prioritaires ont été étudiés : Aéronautique, Assurance, Automobile, Banque, Electricité et Réseaux, Ferroviaire, Minerais et Métaux, Pétrole et Gaz, Pharmaceutique.

Les budgets IA, frais de personnels inclus, sont hétérogènes selon les secteurs industriels. Dans les secteurs Automobile ou Industrie Pharmaceutique, les principaux acteurs du secteur dépensent ou investissent entre 0,8 et 0,9 % de leur chiffre d’affaires dans des projets d’IA, par contre, le coefficient est plus faible dans l’Assurance ou le Ferroviaire où le pourcentage est de 0,5 à 0,7 % des revenus. Par contre, le secteur Bancaire, pionnier en la matière, s’illustre avec près de 1 % du chiffre d’affaires des acteurs dédiés à l’IA.

Le budget IA des entreprises est en forte progression, estimé à plus de 230 milliards d’euros en 2020 au niveau mondial (hors charges internes de personnels) et dont la croissance atteindrait + 18 % par an pour atteindre plus de 450 milliards d’euros en 2024, grâce à l’adoption progressive de l’IA dans l’industrie.

Guéric Jaquet, associé EY-Parthenon; déclare :

“L’écosystème de l’IA déjà fortement atomisé poursuit donc son développement et rend centrale la notion de confiance pour accompagner ces opportunités de marché. Le segment des solutions IA (applications, systèmes et plateformes de développement), représentant 85 % du marché, tire la croissance, accompagné d’un besoin chez les industriels en infrastructures (espaces de stockage, serveurs, puissance de calcul) ainsi qu’en accompagnement pour déployer et auditer leurs systèmes à base d’Intelligence Artificielle. Cela permet d’ouvrir la voie à un marché de certification ou de validation des systèmes à base d’IA digne de confiance.”

Issam Taleb, directeur associé EY-Parthenon, ajoute quant à lui :

“Le marché de l’Intelligence Artificielle progresse à grande vitesse, porté par un nombre croissant de cas d’usage. L’apport de confiance agira comme un catalyseur de cette tendance et ouvrira les portes d’un vaste marché adressable pour de nouveaux acteurs généralistes et spécialistes. Le développement et la fragmentation de l’écosystème de l’IA (entre fournisseurs de technologies, de services, de plateformes, de bases de données, ou encore de puissance de calcul et de stockage), doivent inciter les industriels à repenser leurs stratégies de pénétration de marché. Si celles-ci répondent bien à un enjeu de compétitivité, elles devront également adresser celui de la souveraineté numérique.”

L’analyse et la qualification des principaux cas d’usage de l’IA ont donc permis de détourer un budget IA de confiance par industrie confirmant la présence d’un marché important en valeur, estimé à près de 52 milliards d’euros en France sur les 7 secteurs étudiés, notamment dans la mobilité avec les secteurs financier et énergétique..

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Author: Thomas Calvi