F1 2021 : La maturité

F1 2021 est, sans surprise, la dernière itération de la franchise officielle du jeu vidéo du Championnat du Monde de Formule 1. Comme chaque année, nous nous demanderons s’il est intéressant de racheter « le même jeu » encore et encore. Il est à noter qu’Electronic Arts, qui collectionne les franchises de sport à publication annuelle, a racheté il y a quelques mois Codemasters qui développe le jeu. Il y a cependant peu de chances qu’EA ait déjà influencé le développement.

Un calendrier bouleversé

L’épidémie de Covid-19 faisant toujours rage à travers le monde, le Championnat du Monde de Formule 1 doit sans cesse s’adapter. Ainsi, comme pour F1 2020, cet opus ne collera pas tout à fait au calendrier réel puisqu’il reflétera le championnat tel qu’il était prévu à l’origine. Les joueurs auront donc le plaisir de découvrir les fantastiques circuit d’Imola en Italie et de Portimao au Portugal ainsi que le nouveau circuit de Djeddah en Arabie Saoudite. Ces pistes ne sont hélas pas présentes au lancement du jeu et seront ajoutées plus tard lors d’une mise à jour. Les éventuels circuits remplaçants de dernière minute, comme la Tunisie, ne seront malheureusement pas ajoutés au jeu, vu l’ampleur du travail que cela représente.

Malgré cette gestion chaotique des circuits, toutes les autres modifications de la réglementation 2021 sont intégrées au jeu, mais il ne faudra pas s’attendre à de grands bouleversements, la FIA et les équipes ayant décidé de rentabiliser le travail fait sur les voitures de 2020 en repoussant à 2022 la nouvelle génération de voiture.

Braking Point, une fausse nouveauté ?

Nouveauté majeure de cet épisode, le mode Braking Point – ou Point de Rupture en français – est une histoire scénarisée dans laquelle nous incarnerons tour à tour, pendant les saisons 2020 et 2021, Aiden Jackson et Casper Akkerman, deux coéquipiers qui devront apprendre à cohabiter pour faire front face à Devon Butler, antagoniste bien connu des fans de la licence. Il ne s’agit ni plus ni moins que des scénarios des précédents jeux remis au goût du jour dans un – très – bel emballage et nous regretterons que la difficulté de ce mode ne se règle que sur trois crans (facile, normal et difficile) tandis que le reste du jeu est paramétrable à l’envi. Tout cela reste au final très secondaire tant le scénario, bien que cousu de fil blanc, nous prend aisément par la main pour nous faire vivre ces palpitantes saisons durant plusieurs heures tout en offrant des cinématiques à couper le souffle. Le mode « My Team » présenté l’année passée est évidemment toujours de la partie.

Au rang des nouveautés, nous pourrons aussi citer les programmes des essais qui ont été totalement remaniés. Auparavant au nombre de 5 et accompagnés de 5 objectifs secondaires indépendants de ces programmes, ils passent à 3. Nous retrouvons toujours les mêmes programmes (reconnaissance du circuit, préparation de la course et des qualifications, gestion des pneus, du carburant et de l’ERS), mais ceux-ci sont tirés au sort à chaque week-end et nous octroient des points de ressources à investir dans le développement de la voiture. Chacun des trois programmes propose cette fois trois objectifs secondaires qui, une fois réussis, offrent des réductions sur les pièces à développer.

Le menu de développement a eu droit à son lifting. Nous disons au revoir à l’arbre façon RPG qui est remplacé par une série d’écrans quelque peu brouillons. Certes, il est plus facile qu’avant de savoir dans quelle catégorie nous décidons d’améliorer la voiture, mais le menu manque vraiment de lisibilité.

Enfin, une fonctionnalité réclamée de longue date par les joueurs : il nous sera loisible de subir des pannes. Précédemment, à moins de rouler avec un moteur usé jusqu’à la corde, nous ne pouvions subir de panne mécanique. À partir de cette année, nous pouvons choisir d’en subir et même de paramétrer leur intensité et leur fréquence. Cerise sur le gâteau pour pousser le réalisme à son paroxysme, la voiture dispose de bien plus d’éléments destructibles, comme le fond plat, l’aileron arrière ou le diffuseur.

Une physique peaufinée

La physique des voitures a à nouveau été ajustée. Toujours plus précise pour coller à la réalité grâce aux retours de nombreux pilotes, nous pouvons sentir la réduction de l’appui aérodynamique sur l’arrière imposée en vertu de la réglementation 2021 par le biais de réactions plus délicates que par le passé. Ajoutez à cela le fait que les vibreurs ont été retravaillés et peuvent nous envoyer dans les décors au moindre écart et nous obtenons un jeu qui demande d’être pointu dans son pilotage, même avec les aides activées.

Digne de la next gen ?

Testé sur PC, F1 2021 arrive avec quelques améliorations visuelles héritées des version next-gen sous le bras. Ainsi, à condition d’être équipé d’une carte graphique compatible, le jeu propose du Ray-Tracing pour les ombres et les reflets et le support de la technologie DLSS. Pour rappel, cette dernière fera tourner le jeu dans une résolution inférieure, diminuant de ce fait le travail du GPU pour augmenter les performances. L’image sera ensuite affichée dans une résolution supérieure et une IA se chargera de « combler les trous ». Hélas, cette option, une fois activée, nous a infligé un sévère effet de flou appelé aussi « ghosting ». L’option de Ray-Tracing liée aux reflets, elle, rendra l’image scintillante et très vilaine.

Malgré tout, en désactivant ces deux options, les performances et la qualité graphique restent au rendez-vous. Si les textures sont toujours plus fines et plus belles et que la colorimétrie du jeu colle de plus en plus à la réalité, certains effets présents depuis des années peuvent tout de même gâcher la fête, à l’image des gouttes de pluie qui restent statiques sur la carrosserie, même à 300 km/h.

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Author: Aerticum