Charles La Fay (We Network) : “Le Start-up Tour contribuera à la relocalisation industrielle en France”

Charles La Fay, directeur général adjoint de We Network. © We Network

JDN. Vous organisez le 7 juin la première édition de votre Start-up Tour à Angers. Comment en êtes-vous venu à créer ce nouvel événement et en quoi consiste-t-il ?

Charles La Fay. Le constat actuel, qui a été amplifié par la crise du coronavirus, est le manque d’industries en France. La dépendance de l’étranger et les problèmes d’approvisionnement ont mis le feu aux poudres (dernièrement, Eurostat a annoncé que la production industrielle avait reculé de 1,8% en mars dans la zone euro par rapport au mois précédent, ndlr). Il faut une industrie française, c’est aussi une volonté du gouvernement par le biais du plan de relance et de France 2030. A notre niveau nous voulions aussi agir, d’autant que 30% de notre chiffre d’affaires est porté par l’accompagnement de start-up industrielles, qui ont vocation à résoudre les problèmes de production.

Le Start-up Tour donnera la parole à celles qui ont rencontré du succès ou des échecs pour éviter que ceux-ci se reproduisent. Face à une désaffection de compétences en soudure par exemple, les fondateurs de la start-up Weez-u Welding ont conçu un robot de soudure piloté par télécommande. Nous les avons accompagnés dans le choix de l’électronique, pour qu’ils aient des solutions durables. We Network participe au renouvellement et au rayonnement de l’industrie. Nous voulons prouver par ce Start-up Tour que la relocalisation en France est possible, avec des solutions pour améliorer les processus et réduire l’empreinte carbone.

Comment cela se traduira-t-il sur place ?

Nous aurons un village de start-up, un espace où nous donnerons de la visibilité à une quinzaine d’entre elles pour qu’elles exposent leurs produits. Nous proposerons également un guichet d’experts : les participants pourront échanger sur rendez-vous pendant 15 minutes avec un expert pour leur poser une question de pratique précise. Pendant l’événement, nous ferons un focus sur la collaboration entre start-up et industriels, à l’image du partenariat entre le fabricant français de produits issus de la transformation du caoutchouc Hutchinson et la start-up française Dymeo, qui a conçu un capteur rotatif absolu et a été rachetée par son partenaire industriel. Nous espérons accueillir plus d’une centaine de personnes pour cette première édition.

Quelles sont les principales questions auxquelles vous répondez en ce moment ?

“Toulouse, Bordeaux, Lyon et Lille suivront avant la fin de l’année”

Les problématiques actuelles concernent l’industrialisation, pour savoir “comment passer d’une dizaine à un million de produits. L’une de nos tables-rondes aura ainsi pour thématique d’expliquer comment préparer et réussir l’industrialisation d’un produit high-tech. La start-up Beefutures, qui conçoit des ruches connectées, témoignera notamment aux côtés du nantais Velco, qui développe des solutions connectées pour l’industrie du cycle. Autre sujet qui préoccupe les start-up : comment financer son amorçage. Nous en discuterons avec BPI et l’entreprise Néolithe. Nous avons prévu dans l’après-midi une visite du technocampus électronique et IoT. Nous concevons les cartes électroniques, beaucoup s’interrogent sur les choix à faire à la suite de la pénurie de composants.

Vous évoquiez une autre particularité de l’événement…

En clôture, nous inviterons des femmes à prendre la parole sur le plateau. L’industrie est présentée comme un secteur très masculin alors qu’il y a des femmes actives dans le secteur. Aux côtés d’une dirigeante d’une start-up et d’une industrie, l’experte Anaïs Voy-Gillis interviendra sur la réindustrialisation.

Le Start-up Tour ne se limitera pas à cette étape à Angers. Quelle est la suite du programme ?

La relocalisation de l’industrie est une question de territoire où se développent des compétences. Le Start-up Tour fera étape à Toulouse fin septembre pour mettre à l’honneur les start-up de la région. L’événement sera organisé avec l’IoT Valley. Bordeaux, Lyon et Lille suivront avant la fin de l’année. Cela correspond à la place qu’occupe We Network, implanté à Angers mais qui bénéficie d’une activité nationale. L’objectif est de pérenniser le Start-up Tour par une empreinte locale autour de l’écosystème.

Retrouvez le programme et le lien d’inscription en cliquant ici.

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